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Les révélations sur les turpitudes de l'UMP avec les affaires Copé, Buisson et Sarkozy qui ont éclaté cette semaine remettent en scène un canard à qui il faut, pour le moins, tordre le coup : le célèbre "Ça va faire le jeu du Front national". Si je pouvais toucher une pièce à chaque fois qu'un commentateur politique prononce cette sentence qui semble frappée du coin du bon sens, je pourrais me payer quelques tours du monde. Sauf que c'est une ânerie. Et une belle ! 

 Car, que dit cette remarque prononcée à chaque fois qu'une affaire éclate concernant un politique ? Tout simplement que la formation de Marine Le Pen serait blanche comme une oie, détachée du monde politique (hors système pour simplifier) et prête à mettre un grand coup de pied dans la fourmilière. À cette phrase s'ajoute aussi une posture : celle de préférer se mettre la tête dans le sable en attendant que la polémique cesse.

Tout ces affirmations ne tiennent pas l'épreuve des faits. Pire, elles sonnent comme une reddition devant l'offensive idéologique des extrémistes de l'ultra droite. Le FN est-il sans tâche ? Non, il est plutôt habitué aux colonnes des faits divers. J'en veux pour illustration les misérables manœuvres pour enrôler des candidats FN contre leur gré ; un délit relevé ces jours-ci au moment de la clôture des candidatures pour les municipales. Expliquer comme le font certains éditorialistes que l'affaire Buisson profite au FN est quand même un véritable tour de force. Ce qui est en cause, ce sont des méthodes d'extrême droite, une famille politique sans foi ni loi pour qui tous les coups sont permis.  N'oublions pas que Buisson a été un collaborateur de Jean Marie Le Pen !

Quant à son côté anti-système, quelle blague. Alain Hayot dans son ouvrage "Face au FN, la contre offensive" démonte la supercherie. Le FN appartient à l'histoire des droites française et de son courant extrémiste ; son développement reposant sur les crises des autres formations de droite évidemment mais aussi sur celles de gauche, toutes incapables de répondre aux défis du présent. Enfin, pour ce qui concerne la posture qui consiste à se couvrir la tête de cendre en attendant que l'orage passe et que le front républicain tienne, elle signe une forme de lâcheté pour ne pas dire de complicité. Donc on arrête avec le "ça profite au FN" parce qu'à force d'être répété, beaucoup à gauche risquent de s'y résigner. Il n'y a pas d'autres moyens que celui du combat politique pour un avenir de solidarité et de partage comme remède à l'offensive de l'extrême droite. Qu'on se le dise.